La Réserve de biosphère de Fundy publie des projections quant à l'avenir des forêts.

Publié le 7 avril 2015

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La Réserve de biosphère de Fundy (RBF) de l'UNESCO publie aujourd'hui les résultats tant attendus de sa recherche menée sur les espèces d'arbres résistantes aux changements climatiques dans le sud du Nouveau-Brunswick.

La RBF a récemment complété une étude quant aux espèces d'arbres indigènes qui ont les meilleures chances de proliférer avec l'évolution du climat prévue au cours des 100 prochaines années, ainsi que celles qui devraient pouvoir s'adapter tant bien que mal et celles dont les nombres vont probablement diminuer. Les espèces d'arbres du nord comme les épinettes, les sapins, les peupliers et les bouleaux feront face à plus d'insectes, de maladies, de conditions météorologiques extrêmes ainsi qu'à de la concurrence avec d'autres espèces, ce qui pourrait contribuer à une croissance plus lente et à un plus haut taux de mortalité. Par contraste, les arbres du sud comme les érables, les chênes, les pins, les hêtres, les pruches et les cerisiers auront une saison de croissance plus longue et devraient donc connaître une croissance plus rapide.

« Il existe de nombreux exemples dans le monde de forêts qui sont déjà affectées par les changements climatiques », dit Ben Phillips, scientifique en conservation auprès de la RBF. « Nous devons nous attendre à ce que les changements climatiques aient des répercussions sur nos forêts locales dès maintenant et que ces effets ne vont que s'aggraver à l'avenir. Vers la fin du siècle, nous aurons fort probablement une forêt très différente que celle que nous connaissons aujourd'hui, si nous ne commençons pas à agir pour contrer les changements climatiques. Maintenant, avec les résultats de cette recherche qui s'ajoutent à la littérature scientifique sur le sujet, nous avons une meilleure idée de ce que nous pouvons faire pour aborder ce problème. »

« Nous avons produit un dépliant qui identifie les huit espèces « gagnantes » qui seront les mieux adaptées et donc les plus résistantes aux changements climatiques, » explique la directrice générale de la RBF, Megan de Graaf. « Ce dépliant décrit les arbres et leurs conditions de croissance préférées, afin que les propriétaires de lots boisés, les forestiers, les municipalités et le grand public sachent quelles espèces d'arbres ils doivent planter et où ils peuvent les planter. »

Alors que le climat évoluera et que les espèces d'arbres moins résistantes aux changements climatiques commenceront à disparaître, la composition de la forêt acadienne dans le sud du Nouveau-Brunswick (ainsi que partout dans les Maritimes) changera également. Cela signifie que la forêt, telle que nous la connaissons aujourd'hui, contiendra moins d'espèces nordiques, et probablement plus d'espèces « gagnantes ». Mais la forêt aura besoin de l'aide des résidents de la région, surtout pour planter ces espèces résistantes.

« En plus du dépliant, nous avons rendu d'autres ressources disponibles sur notre site internet, comme un dépliant électronique, des cartes, des liens vers des guides de plantation d'arbres et un rapport technique, » dit Mme de Graaf. « Jusqu'à maintenant, ce projet s'est principalement centré sur la recherche. La prochaine étape est d'en parler davantage auprès du public et de travailler avec les gens afin de mieux gérer la forêt pour l'avenir. »

Une autre composante du projet de recherche portait sur les corridors forestiers. Quand les changements climatiques et la déforestation amincissent la forêt, la faune peut se trouver emprisonnée. « Certains oiseaux peuvent facilement voler d'un îlot d'arbres à un autre, mais les animaux comme les tortues, les écureuils volants et les grenouilles ont besoin de corridors forestiers continus afin de se déplacer et survivre aux changements climatiques, » révèle M. Phillips. « Nous travaillons avec d'autres organismes pour tenter d'établir des corridors forestiers en nous basant sur des régions ayant des arbres résistants aux changements climatiques, ce qui permettra aux plantes et aux animaux de se déplacer librement autour de la RBF ou vers et depuis la Nouvelle-Écosse. Il s'agit des tous débuts d'une nouvelle approche et façon de penser. Nous en avons encore beaucoup à apprendre ! »

Le projet a été financé par le programme de financement communautaire ÉcoAction
d' Environnement Canada, la Fondation Gosling et le Fonds en fiducie pour l'environnement du Nouveau-Brunswick. Le dépliant et les ressources additionnelles sont disponibles ici : http://www.fundy-biosphere.ca/fr/home/forets.html.