Réserve de biosphère de Fundy

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Se ruer vers le récif de Cap Enragé lors du coucher du soleil pour observer les marées

Cap Enragé et son phare se dressent comme des sentinelles, surplombant la baie de Chignecto, dans la partie supérieure de la baie de Fundy. Ce sont les violents coups de vent traversant le passage étroit d’eau au cap qui ont, en partie, donné à ce lieu son nom. Un autre aspect qui a inspiré le nom de ce site est son récif accidenté qui se prolonge près de trois quarts de kilomètres dans la baie. Nous sommes en compagnie de Kevin Snair aujourd’hui et nous allons encore une fois nous ruer pour observer la mer descendre et dévoiler son fond marin lors de l’une des plus basses marées printanières causées par la pleine lune.

Le récif de Cap Enragé lors d’une marée basse printanière. Crédit photo : Kevin Snair

Selon Kevin, Cap Enragé est un lieu très différent du parc des rochers Hopewell Rocks où il travaille comme superviseur des services d'interprétation, mais peut-être pas comme vous l’imaginez. Hopewell est connu pour ses rochers marins tandis que Cap Enragé est connu pour son phare, ses falaises et son récif, mais, selon Kevin « il y a tellement plus de couleurs à Cap Enragé ; l’eau ne contient pas les sédiments lourds qui donnent à Hopewell son apparence brune comme du chocolat et monotone. » Ce commentaire est, en fait, un point bien important puisque cette caractéristique a des répercussions sur la vie marine dans ce lieu.

Kevin examine une flaque d’eau éphémère laissée par la marée descendante à Cap Enragé. Crédit photo : Craig Norris

Les forts courants dans la baie transportent les sédiments plus loin que Cap Enragé et les rejettent au large là où l'eau est plus calme. Ces courants, ainsi que le récif, furent le fléau des capitaines de bateau pendant l'ère de la voile. « Bien que les marins de cette époque fussent à l’aise avec l'environnement et les marées, ce récif a dû leur donner l’impression d’être une longue mâchoire aux dents pointues ne voulant rien de mieux que de casser leurs voiliers en minces morceaux de bois, tels des cure-dents », imagine Kevin.

Le récif responsable du naufrage de plusieurs voiliers. Crédit photo : Craig Norris

Pendant la marée basse, nous avons amplement de temps pour explorer ce récif accidenté dont les formes prend l’allure d’une colonne vertébrale, et nous y découvrons plus de 25 hectares de lits d’algues luxuriants et plus bas, des millions de balanes collées aux roches et dont se nourrissent des hordes de buccins affamés. Nous pouvons aussi y voir occasionnellement des champs de mousse d’Irlande de couleur vert foncé et pourpre ainsi que de la dulse, mais seulement lors des marées les plus basses pour un court lapsus de temps. Il s’agit de deux espèces comestibles.

Des buccins et des balanes se font la guerre. Crédit photo : Craig Norris

Kevin n'est pas seulement ici pour explorer l'écosystème, mais aussi pour étudier le flux et le reflux des marées dans une région de la baie ayant un débit d’eau parmi les plus rapides. L’étale ne dure pas longtemps, la marée descendante se transforme vite en une marée montante, telle une inondation. En quelques minutes, les cours d'eau inondent la connexion qu’ont les îles récifales au littoral. Le bruit de l’eau qui s’accumule sur un côté du récif et se déverse à travers les rochers brise le silence ; vous entendez de nombreux courants d’eau fusionner, créant de puissantes ondes sonores. C'est un endroit où vous ne voulez pas vous abandonner ou laisser vagabonder votre esprit trop longtemps en regardant la scène. Si loin dans la baie, vous êtes entourés d’eau et vous vous sentez bien vulnérable. « Quand la marée monte, vous ressentez l’urgence de la situation, c’est comme si la baie vous fait savoir qu’elle ne veut plus que vous soyez là », explique Kevin. « Le temps commence à presser, et vous devez y prêter attention ou bien vous serez pris. »

Kevin étudie la zone intertidale lors d’une marée basse. Crédit photo : Craig Norris
La pointe du récif de Cap Enragé lors de l’étale. Crédit photo : Kevin Snair

Parfois, aller aux extrêmes est la meilleure façon de voir la baie de Fundy d’un autre oeil. Le Défi des Lieux fantastiques encourage les gens à visiter les 50 Lieux fantastiques de la Réserve de biosphère de Fundy pour souligner le 150e anniversaire du Canada. Quelle meilleure façon de célébrer que de profiter du plein air en visitant des Lieux fantastiques très « canadiens » !

Cet article est le troisième de sept dans la série du Défi des Lieux fantastiques.

Financé par le gouvernement du Canada